• LA BRETAGNE SURNATURELLE

    Connaissez-vous l’histoire de ce jeune homme de Trézélan en Côtes-d’Armor qui, par nuit de pleine lune, entendit sur le chemin où il menait ses bêtes, le grincement de la charrette de l’Ankou, l’ouvrier de la mort ? Il se cacha dans un buisson pour apercevoir cet échalas à la funeste réputation, bien connu des Bretons. Lorsque la charrette, malgré un souci d’essieu, poursuivit sa route, il fut soulagé de n’avoir pas été inquiété par ce valet morbide. On raconte cependant qu’au matin une fièvre inconnue le terrassa, et il mourut...

    Les légendes à l’image de celle-ci hantent la Bretagne. Ce ne sont pas à proprement parler des fictions ni vraiment des contes, plutôt des récits populaires, transmis par le bouche-à- oreille. Viennent s’y mêler mystique chrétienne, légendes médiévales et culture druidique. Sur cette terre celtique, soumise aux forces de la nature, la limite entre le merveilleux et le monde réel est poreuse. Des âmes errantes au petit peuple des korrigans, les esprits y sont légion. « Les éléments merveilleux que ces légendes renferment ne sont pas des éléments surajoutés ; c’est d’événements surnaturels qu’est tissée la trame même dont elles sont faites », peut-on lire dans La légende de la mort, ouvrage de référence sur l’imaginaire breton.

    Brocéliande, en quête du Graal


    Entrelacs de roches, d’arbres noueux, de landes et d’étangs, rarement un lieu n’a suscité autant d’enchantements, brouillant la limite entre mythe et réalité. Car Brocéliande est avant tout une forêt imaginaire, citée dans plusieurs textes, en lien pour la plupart avec la légende arthurienne. Depuis le milieu du XIXe siècle, Brocéliande est assimilée géographiquement à la forêt de Paimpont, située à une quarantaine de kilomètres de Rennes. La seule évocation de ce berceau de la légende du roi Arthur réveille un monde merveilleux, peuplé de Merlin l’enchanteur, de la fée Viviane ou encore des chevaliers de la Table ronde. Tous campent au cœur du principal ensemble de légendes médiévales, orchestrées par les romans de Chrétien de Troyes. De la fontaine de Barenton au tombeau de Merlin, nombreux sont les sites à attirer touristes et adeptes du néo-druidisme. « Au-delà de ces aspects, arrêtons-nous, au seuil de Brocéliande, sur la notion de l’Autre monde, conception celtique du monde surnaturel. Monde des dieux, des fées, des esprits, dont ceux des morts, il ne se situe pas dans le lointain du temps et de l’espace. Il double le nôtre en tout lieu et à tout moment ; il en est solidaire, parfois dépendant. Sa frontière, qui prend souvent la forme de rivières ou de lacs, peut s’abolir. Brocéliande fait partie des portes de l’Autre monde, par lesquelles l’homme peut accéder au surnaturel », éclaire Claudine Glot, présidente du Centre de l’imaginaire arthurien (voir Carnet de voyage), situé dans le château de Comper.
     

    LA BRETAGNE SURNATURELLE


    Là, dit-on, l’enchanteur Merlin aurait construit pour la fée Viviane un palais de cristal, caché par les eaux des étangs. Dans ce domaine enchanté, elle éleva Lancelot pour en faire le meilleur des chevaliers de la Table Ronde. Amoureuse de Merlin, Viviane lui lança un sortilège (avec son consentement) pour le conserver auprès d’elle. Emprisonné par neuf cercles immatériels, Merlin est « invisible mais présent, dans la communion des arbres, des animaux et des étoiles », dévoile Claudine Glot. Non loin de là s’élève le Val sans retour. 

    L’Autre monde, conception celtique du monde surnaturel. Monde des dieux, des fées, des esprits, dont ceux des morts.

    Suite au sort jeté par Morgane (sœur d’Arthur), trahie par l’un de ses amants, on raconte que les infidèles restent prisonniers d’une invisible muraille et perdent la notion du temps... Derrière la légende, se trouve une explication rationnelle : composé de schiste rouge, le Val égarerait ses visiteurs en raison de la présence de minerai de fer qui affole les boussoles et les esprits... 


    Ce tour en forêt de Brocéliande nous amène à l’église du Graal (dédiée à sainte Onenne), située dans le petit village de Tréhorenteuc. En 1942, cette église a été sauvée des ruines par l’abbé Gillard. Sensible à ce que les lieux émanent d’indicible, l’abbé ne voit pas d’opposition entre la parole qu’il doit transmettre et les mythes dont il entend bruire la forêt. Il entreprend donc de ressusciter les murs et la foi vacillante de ses fidèles en mettant en valeur l’évangile à travers le mythe initiatique du Graal – ce serait le seul sanctuaire à avoir célébré la coupe mystérieuse. Pour cet homme d’Église atypique et controversé, qui se voit en héritier et successeur des druides, la foi est la même à travers toutes les religions. Passionné de symbolisme, il se montre curieux de la mystique des nombres et des couleurs, et adepte du zodiaque – d’où les signes et les symboles qui décorent généreusement l’édifice. Le chemin de croix a fait jaser : à la 9ème station, Jésus tombe pour la troisième fois... aux pieds de la fée Morgane, très légèrement (dé)vêtue d’une robe rouge. À la 13e station, Joseph d’Arimathie recueille le sang du Christ dans le Graal. 

    Ce même Graal que l’on retrouve sur trois vitraux du chœur et sur la mosaïque dévoilée en 2014, après avoir déplacé l’autel qui la masquait depuis probablement cinquante ans. Autre oeuvre clé, la mosaïque du cerf blanc témoigne là encore de la fusion entre la spiritualité chrétienne et l’esprit celtique. Le cerf blanc et les quatre lions rouges illustrent un épisode de la quête du Graal où Galaad aperçoit ces animaux surnaturels qui se révèlent être Jésus et les évangélistes. Dans les textes arthuriens, le cerf guide parfois les héros vers leur destin, comme il conduisait les âmes des défunts dans les anciennes religions. Le décor, lui, nous ramène à Barenton, autre lieu sacré de Brocéliande, avec les arbres, le ruisseau et le perron de Merlin. Plus largement, l’église du Graal, à l’image de cette quête éternelle, nous invite à une aventure intérieure. Une inscription mystérieuse nous le rappelle : « La porte est en dedans. »

    Huelgoat : gare à Gargantua


    L’autre fabuleuse forêt bretonne, Huelgoat... Moins courue que la forêt de Paimpont, celle-ci conserve une part de mystère, enfouie dans les incroyables chaos rocheux qui affleurent de toutes parts. Le Ménage de la Vierge, le Champignon, la Roche cintrée, le Fauteuil du diable : autant de noms évocateurs de légendes pour ces pierres animées. Mais c’est surtout la Roche tremblante (Roch’a kren) qui attise l’imaginaire. « La pierre branlante dont les cent tonnes oscillent avec des grâces éléphantines sous quelques poussées rythmées », nous dit Victor Segalen, est érodée de telle façon qu’elle repose en équilibre sur son arête et oscille si l’on accompagne son mouvement depuis un point précis. Il n’en fallait pas plus pour lui conférer une aura magique. Elle fait partie d’un type de pierres autrement appelées « roulées », dans lesquelles les druides voyaient le symbole de la puissance de Dieu. Il y a bien sûr, dans ce phénomène chaotique, des explications géologiques... mais moins poétiques que la version légendaire. On raconte notamment que Gargantua, de passage à Huelgoat, se serait arrêté à l’orée de la forêt. Tenaillé par la faim, il demanda aux habitants une pitance. Ceux-ci ne purent lui offrir qu’une bouillie de blé noir, plat fruste que le géant n’apprécia que modérément. Furieux, il s’en alla vers le pays de Léon (Nord-Finistère), terroir alors plus prospère, et jura de se venger. Il désempierra donc tout le Léon pour jeter les roches sur Huelgoat.

    « Actuellement, on parle de Gargantua, mais quand j’étais jeune, on parlait d’un géant venu d’Irlande », avait coutume d’expliquer le conteur Jean-Marie Le Scraigne, aujourd’hui décédé. L’occasion de rappeler l’importance du minéral dans l’imaginaire breton, et plus largement celtique. L’animisme propre aux pierres fait d’elles des êtres dotés de vie, supports rêvés pour les légendes et rituels : les dolmens servent de logis aux fées ou aux korrigans, tandis que d’autres menhirs s’en vont boire à la mer les nuits de Noël...

    Monts d’Arrée, aux portes de l’enfer

    LA BRETAGNE SURNATURELLE

     
    Tournant le dos à la mer, à environ 25 kilomètres au sud de Morlaix, les monts d’Arrée sont diablement sauvages. Une terre de landes, tourbières et mégalithes. L’énergie y est puissante, l’atmosphère étrange. Il paraît qu’on peut y croiser le funeste cortège de l’Ankou, prophète de la mort évoqué plus haut... Quand ce dernier emprunte le chemin de l’Arrée, c’est qu’il est, diton, en « mission », en route pour les tourbières du Yeun Elez, qui occupent une gigantesque dépression au coeur des monts d’Arrée, l’Ellez ayant la triste réputation d’être la rivière des damnés.
    La légende bretonne situe ici même les portes de l’Enfer... « On dirait, en été, une steppe sans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer... À mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambe et, lorsqu’on arrive au coeur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les conjurés. Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles », relatait Anatole Le Braz, dans La légende de la mort.
    Si les Celtes y situaient les portes de l’au-delà, les enfants du cru y voyaient leur pire cauchemar, bien vivant celui-là (« Si tu n’es pas sage, tu iras au Youdig »). Vu la nature de cet endroit, pont jeté entre les rives, on ne s’étonnera pas qu’il soit un haut lieu d’exorcisme. Si l’on est poursuivi par l’âme d’un damné, le seul remède consisterait à se rendre près du Youdig avec un exorciste. « Lorsque la conjuration sera achevée, on verra soudain s’enfuir et disparaître dans la tourbe un chien noir aux yeux de braise. C’est le maudit qui dès lors ne se manifestera plus », partage Gwenc’hlan Le Scouëzec, dans Bretagne Mystérieuse. Par un curieux clin d’oeil de l’histoire, ce fut aussi le site de la centrale nucléaire des monts d’Arrée, fermée depuis 1985 et toujours en cours de démantèlement délicat... (...)
     
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  • LES FANTÔMES DU PETIT TRIANON

    Le 10 août 1901 dans les jardins du château de Versailles, deux Anglaises vivent une sorte de régression temporelle et se retrouvent à l’époque de Marie-Antoinette. Hallucination, fantasme ? Depuis plus d’un siècle, l’affaire n’a cessé de passionner les chercheurs en parapsychologie.

    Les deux protagonistes ont un profil singulier. Charlotte Anne (Annie) Moberly a été vingt ans la secrétaire de son père, ancien professeur à Oxford puis évêque de Salisbury, avant de devenir directrice du St Hugh’s Hall, troisième collège féminin de l’université d’Oxford. Son amie est Eleanor Frances Jourdain, elle-même diplômée d’un collège féminin d’Oxford. À l’époque des faits, elle vit à Paris et Annie Moberly vient lui rendre visite pour lui proposer de devenir sa directrice adjointe au St Hugh. Rappelons qu’un collège est un établissement d’enseignement supérieur et que ces deux femmes sont donc plutôt des intellectuelles instruites et cultivées.

    Innocente promenade à Versailles


    Pour autant, Mlles Moberly et Jourdain ne sont pas particulièrement familières de l’histoire de France. Après une promenade dans Paris, elles décident de se rendre à Versailles pour visiter le château et ses jardins. Après avoir apprécié les charmes du palais de Louis XVI, elles souhaitent voir le Petit Trianon, une résidence annexe dans laquelle la reine Marie-Antoinette aimait se retirer. Tout en bavardant dans les allées du parc, elles parviennent devant un bâtiment qui est le Grand Trianon et réalisent qu’elles ont fait fausse route. D’après leur plan, il leur faut emprunter une autre allée et c’est à compter de ce moment que la promenade va prendre un tour plutôt étrange.

    Elles raconteront ensuite qu’elles ont toutes deux ressenti, sans l’avouer à l’autre, une impression bizarre entre oppression et anxiété, tout au long de cette visite. Elles longent un premier bâtiment et Mlle Moberly aperçoit une femme à une fenêtre en train de secouer un torchon. Elle se demande alors pourquoi Mlle Jourdain, plus à l’aise en français, ne lui demande pas de confirmer leur chemin. Il s’avérera qu’Annie Moberly est la seule à avoir vu cette femme. Parvenant à un carrefour, elles croisent deux hommes vêtus de longs manteaux et coiffés d’un tricorne, une bêche à la main. Mlle Jourdain leur demande cette fois-ci de leur indiquer le chemin qui mène au Petit Trianon mais les deux hommes lui répondent de façon étrangement mécanique et froide. Reformulant sa question, elle finit par comprendre la direction à suivre. Un peu plus loin, une femme et une jeune fille sont assises sur le seuil d’une petite chaumière et portent un costume qui semble à Melle Jourdain plutôt suranné.

    Une femme en train de dessiner


    Alors que l’atmosphère leur semble de plus en plus pesante, elles arrivent ensuite devant un pavillon chinois qu’elles prennent pour le Temple de l’Amour, une rotonde à l’antique située à l’est du jardin anglais du Petit Trianon. Mais elles se sont bel et bien égarées, et s’effraient davantage encore en voyant un homme assis au pied de l’édifice, portant un manteau, et qui tourne vers elles un visage menaçant, basané et vérolé. Mlle Moberly insistera plus tard sur le caractère non naturel, sinon surnaturel, de l’environnement : « Même les arbres, derrière le bâtiment, semblaient être devenus plats et inertes, comme en tapisserie. Ni jeux d’ombre et de lumière, ni brise dans les arbres : tout était d’une intense immobilité. » 
    Soudain, un autre homme apparaît devant elles. Plutôt beau, grand et vêtu d’une cape noire, ses cheveux bouclés dépassent d’un chapeau à large bord. Il leur parle avant de s’éloigner rapidement, mais elles ne comprennent qu’une chose : il faut tourner à droite. Elles suivent donc ce conseil et, après avoir traversé un bois sombre, elles débouchent enfin face au Petit Trianon, côté nord. Sur le côté ouest, Mlle Moberly aperçoit une femme dans l’herbe en train de dessiner. Alors que celle-ci lève la tête, Annie ressent de nouveau une impression désagréable. Sa grande robe décolletée est d’un style vraiment particulier pour une touriste ; elle porte également un fichu vert et un grand chapeau blanc. Les deux Anglaises font ensuite le tour du bâtiment et pénètrent dans la cour côté sud. Un jeune homme à l’allure de serviteur les invite alors à le suivre dans le petit palais où une joyeuse troupe fait la noce. Les invités sont vêtus à la mode de ce début de XXe siècle et tout redevient ensuite normal, les sensations d’étrangeté et d’oppression s’évanouissant.

    Des personnages distants… de plus d’un siècle


    Que s’est-il passé ? Les deux amies garderont pour elles-mêmes leurs ressentis étranges, jusqu’à ce qu’Annie Moberly décide de raconter l’épisode dans une lettre à sa sœur. À nouveau saisie par cette sensation d’irréalité, elle s’en ouvrira de façon frontale à Mlle Jourdain en lui demandant tout de go : « Pensez-vous que le Petit Trianon soit hanté ? » « Oui, je le pense », lui répondra celle-ci sans hésitation. 

    La dessinatrice du jardin pourrait fort bien être Marie-Antoinette elle-même, en référence à un portrait de 1785.

    Elles se confient alors l’une à l’autre et partagent leurs impressions de cette étrange visite. Pourquoi l’homme aux cheveux bouclés portait-il une cape en plein été ? Pourquoi ces personnages semblaient-ils si distants… ? En échangeant davantage, elles constatent en outre qu’elles n’ont pas toutes les deux vu la même chose. Par exemple, la femme en train de dessiner n’a été vue que par Mlle Moberly, mais son amie est la seule à avoir vu la femme et la jeune fille sur le seuil de la chaumière. En se plongeant dans les archives, Eleanor Jourdain constate que le 10 août est l’anniversaire de la chute de la monarchie constitutionnelle, en 1792. 

    Se pourrait-il que le lieu ait enregistré la mémoire de ce jour qui marque également le début de la première Terreur ? Elle retourne seule à Versailles en janvier 1902 et les lieux lui semblent différents. Elle a de nouveau des perceptions étranges, dont une musique qu’elle mémorise et dont on lui assurera qu’il s’agit d’un style des années 1780. En faisant des recherches, Mlle Moberly pense que la dessinatrice du jardin pourrait fort bien être Marie-Antoinette elle-même, en référence à un portrait de 1785 sur lequel elle reconnaît ses traits et où elle porte la même tenue. Par ailleurs, les deux jeunes femmes se souviennent de détails qui ont disparu : une charrue, un pont…
    Les « jardiniers » portaient en fait un costume semblable à celui des gardes suisses de la reine et la porte d’où est sorti le serviteur est depuis longtemps condamnée. Enfin, l’homme au visage vérolé ressemble beaucoup au comte de Vaudreuil, qui fut un proche de la reine. (...)

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  • Les lacs qui sont des îles à l'envers ont toujours frappé l'imagination. Mers intérieures que l'on pouvait cerner, souvent du regard, univers enclos dont la surface plate, étrangère aux pas de l'homme, devait receler bien des trésors, des villes englouties, des portes secrètes.

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    Il n'y a pas si longtemps que l'on a pu mesurer la profondeur de la plupart d'entre eux, et, au cours de notre histoire passionnelle, rien n'interdisait de croire qu'ils étaient sans fond !

    Emile Mâle dit que "les lacs eux mêmes, sous leur surface immobile, cachaient une divinité"

    Le lac Saint Andéol

    Grégoire de Tours nous en donne un bel exemple en nous relatant le curieux rituel ausquel se livraient les populations des Monts d'Aubrac, riverains du Lac Saint Andréol." les hommes s'y rendaient en charrette et festoyaient pendant trois jours autour du lac, lui amenant en signe d'offrande de la lingerie, des pièces de vêtements, du fil de laine, du fromage, des gâteaux... Le quatrième jour s'élevaient une grande tempête suivie de pluie. Un prêtre, Parthénius, après avoir vainement de convaincre les paysans à renoncer à ce cérémonial païen, éleva une église dans laquelle les hommes finirent par apporter les offrandes destinées au lac. Cependant, l'habitude de jeter dans l'eau du lac des objets usés et des gâteaux s'est conservée jusqu'au XIXème siècle; les pèlerins jetaient encore dans le lac, sans en comprendre le but, des chemises et des pantalons...

    Le lac de Bord, les rituels

    Est tenace encore ici une légende de ville engloutie et d'un trésor de monnaies qui y fut jadis dragué. à 2 kilomètres de là, le lac du Bord a conservé les traces d'un habitat antique, sous forme de nombreux tumuli. Il est probable que son voisin, le lac de St Andréol, fut lui aussi fréquenté par des hommes de la protohistoire. Peut être habitaient-ils cette mystérieuse montagne nommée Hélanie qui dominait le lac. En tout cas, les cérémonies pluviales , c'est à dire pour faire tomber la pluie ne devaient pas toujours être bienfaisante, puisqu'on parle de violents orages, de tempêtes, de chutes de pierres et de déluges d'eau.

    Le lac Pavin, un lac bénit

    La nature volcanique, en tout cas, est pour beaucoup dans la sacralisation des lacs de montagne. En Auvergne même, le lac Pavin en est un autre exemple. Presque parfaitement circulaire et assez profond pour n'avoir que des eaux particulièrement sombres, il est dominé par un volcan, le puy de Montchal. Des murailles basaltiques se reflètent dans des eaux si noires que, dit-on, les poissons ne peuvent pas y vivre. Or C'est un lac bénit. Si l'on jette une pierre dedans, elle déclenche un formidable ouragan qui entraîne et engloutit l'imprudent.

    La légende 

    En Auvergne, dans un paysage impressionnant dominé par un volcan, le Puy de Montchal. Des murailles de basalte tombent et se reflètent dans des eaux si noires que, dit-on, les poissons ne peuvent y vivre. Ce lac splendide fut toujours considéré comme un lac sacré, béni des dieux. Une antique légende dit qu'il ne faut pas jeter de pierre dedans sous peine de déclencher un ouragan et de se trouver englouti. A proximité, le Creux de Soucy, curieux puits naturel qui s'ouvre à quatre-vingts mètres au-dessus du lac, dans la coulée basaltique du volcan, se présente sous la forme d'un entonnoir large de vingt-cinq mètres, qui s'ouvre une douzaine de mètres plus bas sur un trou béant, véritable bouche de l'abîme, qui donne sur une vaste caverne en forme de coupole avec, au centre, un autre petit lac. Gare à celui qui s'y engage: une couche d'acide carbonique, épaisse de plusieurs mètres, plane au-dessus des eaux, interdisant toute vie. La réputation infernale de ce lieu était donc basée sur un danger réel qui terrorisait les populations primitives.

    Le creux de Soucy

    A proximité du lac Pavin, le creux de Soucy a certainement contribué par sa nature énigmatique à condenser ici des croyances et des frayeurs. C'est un curieux puits naturel qui s'ouvre à 80 mètres au dessus du lac Pavin, dans la coulée basaltique du volcan, et se présente sous la forme d'un entonnoir de 25 mètres de diamètre et profond d'une dizaine. Au bas de l'entonnoir, un trou béant est la véritable bouche de l'abîme qui mène à une vaste caverne circulaire en forme de coupole, d'environ 50 mètres de diamètre, et dont le centre est occupé par un petit lac stagnant qui paraît s'alimenter exclusivement par le suintement des voûtes. Une couche d'acide carbonique plane au dessus de l'eau sur une épaisseur pouvant atteindre plusieurs mètres et interdisant toute vie animale ou humaine.

    Quelques légendes...

    Nombreuses sont les légendes de trésors et de villes englouties dans de mystérieux lacs, dont les fonds s'ouvriraient sur d'autres mondes. Nombre d'entre eux semblaient cacher, sous leur surface où se mire le ciel, une divinité que les populations environnantes respectaient et à qui elles sacrifiaient, en leur faisant des offrandes de pièces de monnaie, mais aussi de lingerie, vêtements, aliments divers et parfois même bijoux et objets précieux. Citons parmi ces lacs les plus remarquables d'entre eux :

    Le lac d'Antre

    Dans le Jura est un autre lac sanctuaire, sur les bords duquel on a trouvé des ruines d'édifices romains considérables. Ce lac est mystérieusement alimenté par une rivière souterraine qui surgit avec impétuosité, et se jette dans le lac dont l'eau disparaît sur l' autre versant dans un gouffre ouvert au pied d'une falaise, pour reparaître cent mètres plus bas, après avoir parcouru une succession de siphons qu'elle met douze heures à franchir. Ce lieu était protégé par la déesse gauloise Bellona, puis par le dieu romain Mars. Dans les sanctuaires dont il ne reste rien sinon un pont, dit Pont des Arches, des inscriptions et fragments de calendriers ont prouvé que l'on y adorait les monts environnants, le lac et le soleil.

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    Dans les Hautes-Alpes

    plusieurs antiques lacs sacrés sont toujours bénis par un prêtre conduisant une procession à date fixe chaque année. Ces pèlerinages reprennent la suite d'anciens cultes à ces eaux que le temps n'atteint pas et qui sont, selon l'expression de Bachelard, comme des grands yeux tranquilles. Citons le grand et le petit lac de la Madeleine, ainsi que celui de Chabrières .

    Bien sûr on trouve à travers toute la France des lacs abritant des fées, des ondines, des dames blanches, mystérieux êtres magiques, dont Mélusine reste le plus beau symbole. Toutes ces nymphes au corps vaporeux aiment ces eaux calmes et leurs nappes de brouillard. Citons parmi tant d'autres le lac des Fées qui se trouve à proximité d'Henrichemont, dans le Cher. Et aussi l'étang de Illzach, dans le Haut-Rhin près de Mulhouse, hanté par une dame blanche qu'il ne fallait jamais suivre.

    Les mares aux diables citées par George Sand sont elles aussi nombreuses et considérées comme des portes de l'enfer. Ainsi les maraIs de l'Ellez en Bretagne, forment un impressionnant cirque noir qu'une chapelle de l' Archange tente d'exorciser . Ils sont dominés par le sommet le plus haut de la Bretagne, le Tertre de la Chaise

    Citons enfin un lac sacré disparu: celui de Toulouse, où un trésor aurait été précipité pour conjurer la peste , mal venu d'Orient comme cet or maudit. Sur son emplacement se trouve construite l'église de Saint-Sernin.
    (source : http://www.cles.com/enquetes/article/le-tour-de-france-en-35sites)

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    Les Lacs dans les Pyrénées

    Légende du lac bleu de Chiroulet (Hautes Pyrénées)

    Il y a très longtemps, à l'endroit où se trouve le lac Bleu, il y avait un village de riches bergers...
    Un soir, arrive un inconnu, un mendiant, qui va de porte en porte demander la charité. Mais les bergers, qui sont aussi riches qu'égoïstes, le chassent de leurs maisons, sauf un, pauvre, qui demeure dans une simple cabane à l'écart des autres habitations. Cet homme est tellement pauvre qu'il ne possède qu'une seule bête, mais il accepte de la sacrifier pour la partager avec son hôte. Le repas fini, ce dernier lui dit : « Ramasse les os et la dépouille de l'animal et place-les devant ta porte, puis allons nous coucher ». L'homme s'exécute et, le lendemain à son réveil, le mendiant a disparu mais il aperçoit un immense troupeau dans son enclos et, à la place du village, un immense lac. (d'après pyrenepeche)

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    (photo : randonnees-pyrenees)

    Légende de l'étang Rond (Couserans - Ariège)

    Une légende est apparentée à l'étang rond. Il s'agit du berger Mount Ner, qui gardait son troupeau sur les berges de l'étang, fut transformé, lui, ses chiens et ses moutons, en rochers, pour avoir refusé l'hospitalité à un homme perdu dans ces lieux.( d'après Freddy)

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    (photo : montcalm)

    Lac de Héas - une drôle d'histoire (Hautes Pyrénées)

    Vers 1610, suite à un orage particulièrement violent un éboulement forma un barrage dans la vallée de Héas, on dit que quelques heures après la catastrophe, un berceau renfermant un bébé fut retrouvé sur le lac qui s'était formé. Le nouveau né fut baptisé "Salvat" (sauvé en patois). En septembre 1788, suite à un autre violent orage la digue se creva sous le poids des eaux et le lac se vida d'un seul coup. 
    Toujours la même année un important tremblement de terre provoqua la chute d'énormes blocs de pierre au-dessus de Gèdre pour donner l'actuel chaos de Choumélis sur la route de Gavarnie Le séisme de 1610 provoqua en effet un éboulement de la montagne de Coumély, formant un chaos sur le chemin de Héas, parfois dénommé «chaos de Gèdre» (lieu dit la peyrade), et entraînant la formation d'un lac qui subsistera jusqu'à l'orage du 4 au 5 septembre 1788. Cette nuit-là, la pression des eaux fera exploser le bouchon artificiel et les dégâts seront considérables puisque des villages de la vallée de Luz seront totalement ou patiellement rayés de la carte. Le chaos dit de Coumély, sur la route de Gavarnie, aurait une origine beaucoup plus ancienne et remonterait à un séisme du Ve siècle qui aurait touché toute la chaîne des Pyrénées et aurait été ressenti dans tout le bassin occidental de la Méditerranée.

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    La légende du lac de Lourdes (Hautes Pyrénées)

    Ce lac eut, pendant très longtemps, une sinistre réputation. On disait même que, quand un malheureux s'y noyait, son âme restait prisonnière au fond du lac. Une légende raconte qu'autrefois, à l'emplacement du lac de Lourdes, s'élevait une cité dont les habitants étaient si méchants et pervertis que Dieu décida de la détruire et d'engloutir toute la population. Pourtant, il accepta de faire une exception pour une famille qui s'était montrée de tous temps pieuse et charitable. Le soir qui précéda la destruction de la ville, un envoyé de Dieu se présenta à l'homme et lui dit : «Cette cité sera détruite par le Seigneur. Prends avec toi ta femme et tes enfants et fuis loin d'ici ! Mais n'oublie pas une chose : quoi que vous entendiez, vous ne devrez vous retourner pour voir ce qu'il se passe.» 
    Les membres de la famille quittèrent donc la ville. Et à peine en avaient-ils franchi les limites qu'ils entendirent des bruits épouvantables derrière eux. L'homme pressait les siens, les obligeait à marcher plus vite et leur répétait qu'ils ne devaient, sous aucun prétexte, se tourner en arrière. Or, sa femme, portant dans ses bras son dernier-né, prise de curiosité et voulant absolument savoir ce qu'il se passait, se retourna et fut aussitôt changée en une statue de pierre. Depuis lors, certains soirs de novembre, des chasseurs et des pêcheurs attardés au bord du lac, affirmaient entendre le glas des cloches englouties sonnant l'anniversaire du châtiment.

    Il existe en bordure de la route de Poueyferré, à la limite des communes de Lourdes et Bartrès, un grand bloc de pierre (peut-être un ancien mégalithe) appelé la «Peira Crabèra, incliné dans la diection du lac dont la légende affirme qu'il s'agit de la femme qui avait été pétrifiée quand elle fuyait la ville.

    Cette légende n'est pas sans rappeler l'histoire de Sodome et Gomorrhe et de la femme de Loth qui, elle aussi, avait été changée en pierre. (d'après Pyrenepeche)

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    (photo : Darreenvt

    la légende de l'étang de Bethmale

    "Il y a très longtemps vivait cachée au lac de Bethmale une méchante sorcière. Tous les jours, elle faisait des misères aux habitants du village. Un jour de colère, les bethmalais montèrent vers le col de la Core avec leurs fourches pour se débarrasser d'elle. Prise au piège, la bruche sauta dans le lac en jurant qu'elle ne disparaîtrait jamais. Depuis, sa robe bleu vert, restée au fond, donne au lac ses reflets si particuliers." (d'après Matmontagne)

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    La légende du lac d'Isaby

    A une époque très ancienne, le plus grand serpent qu’on n'ait jamais vu, hantait les pâturages d’Isaby, au-dessus de la petite ville de Pierrefitte, dans la vallée du gave de Pau. Des troupeaux innombrables paissaient sur ces pentes sous la conduite des bergers de la vallée et de leurs grands chiens blancs.

    Quand le dragon se réveillait, il ouvrait sa vaste gueule, et un souffle magique traversant le vallon emportait troupeaux, chiens et bergers dans les entrailles du monstre.

    Or il y avait dans le village d’Arbouix un homme doté de beaucoup de courage et de non moins d’adresse. Il résolut de délivrer son pays, et dans ce but il établit une forge dans le lieu le plus secret du vallon d’Isaby. Il mit au feu une lourde enclume de fer ; lorsqu’elle fut rouge, il la porta à l’entrée du repère du monstre, avec l’aide de quelques compagnons dévoués, et tous s’enfuirent.

    Lorsque le serpent vit le fer rouge, il l’aspira comme il aurait fait d’un mouton, d’un seul trait. Le feu se mit à ses entrailles et, dévorée de soif, la bête se mit à boire, à boire jusqu’à en crever.

    Alors, l’eau qu’elle avait avalée se répandit dans le fond du vallon : c’est ainsi que naquit le lac d’Isaby, aux eaux bleues et poissonneuses.
    (D’après Bernard Duhourcau : guide des Pyrénées mystérieuses)

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    Les étangs de Nohèdes

    Les étangs de Nohèdes étaient un lieu redouté des paysans de ces montagnes, qui se gardaient bien d'y jeter des pierres, persuadés que l'orage en sortirait. C'est surtout vrai pour l'Etang Noir, si profond qu'il abriterait un palais de démons : dès qu'une pierre est lancée, ils sortent, sautent, et l'on entend de grands éclats du tonnerre. Il paraît même que les grandes truites qu'on y pêchait étaient elles aussi des démons : mises à la poêle, elles s'échappaient par la cheminée !

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    (photo : balades-lison)

    Etang du Diable / Males

    Très curieuse légende à propos de l'Etang du Diable (anciennement Etang du Males). Si l'on y jette un caillou, une demi-heure après, le lac se met à bouillonner, avec forces éruptions "sulphureuses", puis des orages, des éclairs se déclenchent avec fureur. (d'après JFB)  

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

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  • Le promeneur des sites mystérieux ne doit pas manquer de visiter les monuments qui suivent, en effet, Paris, une des plus belles villes du monde, cache bien des secrets, en voici quelques uns.

     

    La sorcière de Montmartre  

    PARIS ET SES MYSTÈRES

    Rocher et maison de la sorcière, Montmartre

    Pour dénicher le "rocher de la sorcière", il ne faut pas hésiter à jouer les explorateurs urbains. Cette fontaine désaffectée trône dans un passage boisé, officieusement nommé "passage de la sorcière". Entre les arbres et les plantes (derniers vestiges du maquis de Montmartre), face à cet intriguant rocher, un portail mène à une belle demeure de style directoire. Elle fut en son temps la maison de la sorcière...  

    La légende raconte qu'une femme y vécut seule, dans ce qui était alors le passage de la Sourcière. Les enfants du quartier la surnommaient "la sorcière" et ce nom lui resta.

    Il y a quelques années encore le passage était nauséabond. Aujourd'hui, un hôtel de très grand luxe - l'Hôtel Particulier - a choisi de s'installer dans l'ancienne demeure. 

    • Adresse : 21 avenue Junot, 75018 Paris
    • Métro : Lamarck-Caulaincourt

     

      

    PARIS ET SES MYSTÈRES

    Une des avenues les plus pittoresques et les mieux gardées de la capitale. 

    Située à deux pas de la place Pigalle, l'avenue Frochot est un petit coin de verdure où de nombreux artistes de bohème ont résidé. Django Reinhardt y aurait brûlé ses meubles pour se réchauffer, Toulouse Lautrec installé son atelier de nu au numéro 15.

    L'impasse est aujourd'hui entièrement privée et ses maisons aux architectures néo-antiques ou médiévales ne peuvent plus être aperçues que par les grilles. 
    L'ambiance des lieux reste cependant très particulière. Propice aux légendes urbaines, on raconte même que l'endroit abriterait une maison hantée.

     

    Une maison hantée à Pigalle 

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    Une demeure néogothique à l'histoire mouvementée

    Habitants illustres, morts mystérieuses et coïncidences troublantes,

    Il n'en fallait pas plus pour envelopper la demeure située au numéro 1 de l'impasse d'un voile de mystère.

    Sylvie Vartan s'y serait, parait-il, installée un temps avant de s'enfuir soudainement. L'acquéreur suivant serait décédé peu de temps après avoir emménagé, succombant à la même maladie qui aurait emporté, des années plus tôt, le compositeur Victor Massé, également propriétaire de la maison. A sa mort, le directeur des Folies Bergère l'aurait rachetée avant d'en faire hériter sa femme de ménage, sauvagement assassinée à coups de tisonnier par un meurtrier jamais retrouvé. 

    Après avoir été un temps inhabitée, la maison est aujourd'hui de nouveau occupée. Ses nouveaux propriétaires l'ont bien entendu fait exorciser avant de s'y installer... 

    • Adresse : 1 avenue Frochot, ou 24 rue Victor Massé, 75009 Paris
    • Métro : Pigalle ou Saint-Georges 

     

    Bruits de chaînes au Gibet de Montfaucon 

    Dans cette rue se dressait autrefois le gibet de Montfaucon

    PARIS ET SES MYSTÈRES

    Le gibet de Montfaucon, principal gibet des rois de France au nord de Paris, se situe sur une éminance proche de la rue de la Grange-aux-Belles. Détruit en 1760, il avait été dressé à la requête d'Enguerrand de Marigny, qui y fut lui-même pendu. Un tel monument et les atrocités qui s'y sont perpétrées ne s'effacent pas aisément de l'esprit des résidents. La terreur qu'il générait hante toujours les alentours de façon  palpable.

    Selon divers témoignages, des bruits de chaînes et des gémissements retentiraient, encore aujourd'hui, à l'emplacement de la potence. 

    • Adresse : rue de la Grange-aux-belles, 75010 Paris
    • Métro : Colonel Fabien

     

     L'Atelier de Maître Albert

    PARIS ET SES MYSTÈRES

     

    L'Atelier de Maître Albert, aujourd'hui un restaurant

    Un alchimiste aux pouvoirs inexpliqués

    La rue du Maître Albert est une venelle calme, qui porte le nom de son plus illustre résident : Albert de Cologne dit Albert le Grand. Savant, théologien, alchimiste, ce personnage a laissé dans l'histoire le plus célèbre manuel de basse sorcellerie, Les merveilleux secrets du Grand et du Petit Albert

    Il aurait fabriqué une incroyable tête artificielle, capable de bouger et de répondre aux questions posées. Ce qui est sûr, c'est que l'esprit du maître est aujourd'hui bien présent dans la rue, jusqu'à la place Maubert, où il donnait ses leçons. 

    L'emplacement de son ancienne demeure serait aujourd'hui occupé par un restaurant gastronomique qui parle de transformation des présents de la nature... C'est à cet endroit même qu'il aurait installé son laboratoire de recherche, dans lequel il pratiqua l'alchimie, la magie cérémonielle et la nécromancie. 

    • Adresse : Rue Maître Albert, 75005 Paris
    • Métro : Maubert-Mutualité

     

    Sinistre légende sur l’Île de la Cité

    PARIS ET SES MYSTÈRES

    Entrée de la rue Chanoinesse 

    Le barbier sanglant de la rue Chanoinesse

    L'Ile de la Cité abrite une légende tellement incroyable qu'elle a inspiré les Chroniques de l'historien Du Breul et le scénario du tout dernier film de Tim Burton. 

    Au XVIe siècle, des étudiants logeant chez les chanoines de Notre-Dame disparaissent un à un. L'un d'eux est pleuré des jours durant par son chien, hurlant à la mort devant la boutique du barbier de l'île.

    Les habitants du quartier percent alors le mystère, horrifiés : le barbier égorgeait de temps en temps un jeune client et basculait son corps dans une cave communiquant avec la boutique d'un traiteur. Hachée, épicée, cette chair humaine entrait dans la composition de petits pâtés exquis.

    Les deux complices auraient été condamnés au bûcher et leur maison rasée. Aujourd'hui, cet ancien lieu maudit est occupé par le garage des gardiens de la paix motocyclistes. 

    • Adresse : 18 et 20 rue Chanoinesse, 75004 Paris
    • Métro : Cité  

     

    Le mystère le mieux gardé du Marais

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      117 rue Vieille-du-Temple 

    Un ancien théâtre énigmatique

    De folles rumeurs circulent dans le Marais à propos d'un bâtiment classé monument historique en 1972, en tant qu'ancien théâtre. Composé d'un grand espace circulaire à plusieurs étages, il est niché entre la rue Saintonge et la rue Vieille-du-Temple. Il est impossible d'y entrer, ni de savoir à quoi il sert aujourd'hui.

    Ceux qui connaissent vraiment les lieux semblent liés par un étrange pacte de confidentialité. D'où la naissance du mystère, préalable aux  légendes. Robert Bonnaud, de l'association SOS Paris, affirme que cet espace construit sous le Directoire aurait été fermé en 1807 par Napoléon car "les dames qui s'y exhibaient auraient été de moeurs  trop légères à son gré". Une hypothèse très controversée, sans qu'on ait aucune certitude. 

    • Adresse : 6 rue Saintonge ou 117 rue Vieille du Temple, 75003 Paris
    • Métro : Filles du Calvaire ou Saint-Sébastien-Froissart 

     

    L'hôtel particulier de la rue des Saints-Pères 

    PARIS ET SES MYSTÈRES

    Hôtel particulier de la rue des Saints-Pères 

    Un chantier impossible

    Cette légende urbaine débute dans les années 1980. Un architecte parisien s'offre un hôtel particulier rue des Saints-Pères et entreprend de le rénover.

    Rapidement, les travaux entraînent des accidents malheureux : un ouvrier tombe d'un échafaudage, une poutre s'écrase, un incendie ravage une partie du chantier, des bruits sourds ébranlent les murs...

    Un médium est alors convoqué.  Selon ses dires, l'ancien propriétaire, mort dans cette maison après y avoir vécu une grande histoire d'amour, ne voulait pas que l'on transforme le lieu de son bonheur. 

    Les travaux ont-ils été poursuivis à la suite de ce diagnotic ? Rien n'est moins sûr et l'histoire ne dit pas si le fantôme erre toujours dans les lieux. 

    • Adresse : Rue des Saints-Pères, 75007 Paris
    • Métro : Rue du bac

    (source article : linternaute) 

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  • Tout ce qui vit émet de l'énergie. C'est une vérité connue depuis très longtemps. Mais on peut aussi se poser une question à juste titre... Les objets ou les lieux auraient-ils une "forme de vie" qui leur est propre même si elle n'est pas détectable au stade actuel de nos connaissances ? Il semblerait que oui.

    Cette forme de vie peut, dans certains cas, adopter un "mécanisme de défense" face aux agressions dont elle est l'objet... en absorbant, telle une éponge invisiblement puissante, les souhaits de leurs premiers propriétaires, pour les restituer, parfois plusieurs décennies après avec la régularité effrayante d'un redoutable boomerang. C'est le cas de certains bijoux qui traînent après eux des malédictions que rien ne peut contrer ni éliminer.  

    C'est particulièrement vrai pour les pierres précieuses, qui possèdent une aura invisible mais néanmoins rayonnante, pour le meilleur... ou pour le pire... Tout dépend de la façon dont leurs premiers propriétaires se les sont appropriés !

    Je ne citerai aujourd'hui que deux cas célèbres, dont la sinistre réputation s'est hélas vérifiée au fil du temps.

    Le Diamant HOPE

    L'histoire raconte que ce fabuleux diamant connu maintenant partout comme "le diamant de l'espoir" ornait jadis le front d'une idole indienne. Elle aurait été dérobée par un des premiers prêtres qui en avait la garde. Jugé par ses pairs et torturé, il aurait été ensuite exécuté de façon atroce. Avant de mourir, il lança alors une malédiction en disant que quiconque oserait porter ce diamant connaîtrait un sort tragique et le rejoindrait dans la tombe. 

    La pierre précieuse, cachée par ses soins, réapparut on ne sait comment en Europe en 1642, entre les mains d'un contrebandier français du nom de Jean-Baptiste Tefernier. Il la vendit avec d'énormes bénéfices, mais laissa son fils prodigue dépenser le plus gros de sa fortune. Il finit déchiqueté par des chiens enragés aux Indes, où il était parti pour refaire fortune.

    La pierre entra ensuite en possession du Roi Louis XIV qui la fit tailler à nouveau, la ramenant ainsi de 112.5 carats à 67.5 carats. Cette réduction n’ôta en rien son caractère maléfique. Nicolas Fouquet, qui l'avait emprunté pour un dîner officiel, fut peu de temps après reconnu coupable de détournement de fonds et emprisonné à vie. Il mourut prématurément dans sa prison. La Princesse de Lamballe, qui portait souvent le diamant à son cou, tomba mortellement un peu plus tard, sous les coups de la foule parisienne enragée. Le roi lui même mourut ruiné et politiquement affaibli, son royaume épuisé. Louis XVI et Marie-Antoinette qui héritèrent ensuite du diamant finirent leurs jours sous le couperet de la guillotine, pendant la Révolution Française.

    En 1830, le bijou désormais historique fut acheté par un banquier londonien du nom de Henry Thomas Hope, qui le paya 150 000 dollars. Il connut très rapidement des revers de fortune, et l'un de ses petits-fils mourut ruiné. Un de ses derniers héritiers se débarrassa enfin du bijou en le revendant. Pendant les seize années suivantes, le bijou maléfique passa de main en main, en continuant de foudroyer ses différents propriétaires.

    Le français Jacques Colet se suicida, le Prince Russe Ivan Kanitovitch mourut, quant à lui, assassiné. En 19008, le Sultan Turc Abdul Hamid paya 400 000 dollars pour posséder le diamant qu'il s'empressa d'offrir à sa concubine préférée, Subaya. Il fut renversé peu de temps après et finit misérablement.

    Changement de propriétaire... Il passa brièvement dans la famille de Simon Montharides. Sa voiture se retourna, le tuant sur le coup, en même temps que sa femme et sa petite-fille, qui avaient eu le malheur de l'accompagner.

    Le diamant traversa ensuite l'Atlantique et tomba entre les mains du magnat de la finance Ted Mac Lean, qui l'acheta pour la somme "dérisoire" de 154 000 dollars. Son fils Vincent se tua peu de temps après, dans un accident de la route, et sa fille mourut d'une overdose. L'épouse de Mac Lean s'adonna à l'héroïne, et lui-même finit ses jours dans un asile. Il y mourut en 1947, laissant ce douteux héritage à ses petits-enfants, dont la petite Evalyn, alors âgée de 5 ans. 

    Deux ans plus tard, la famille Mac Lean vendit le diamant maudit à Harry Winston, un marchand de pierres précieuses. Celui-ci en fit aussitôt don au Smithsonian Institute, où il se trouve toujours... enfermé dans une petite cage de verre.

    La malédiction  fit une dernière victime dans la famille Mac Lean... On retrouva en effet Evalyn, morte dans son appartement de Dallas, le 13 décembre 1967. Elle n'avait que 25 ans, et l'on ne connut jamais les causes réelles de son décès.

     Le Diamant Maudit de la Couronne d'Angleterre

    Le Koh-I-Noor est un diamant d’origine indienne, qui orne la couronne de la reine Elizabeth II. Dans un élan de colère, le dieu Shiva lui aurait jeté un sort, assurant la mort à tout homme qui se l’approprierait. Simple légende ? Peut-être, mais plus d’une vingtaine de ses propriétaires ont trouvé la mort de façon prématurée…et tous sont des hommes. De quoi se poser des questions.

    LES DIAMANTS MAUDITS

    Tous les ans, des millions de personnes se rendent à la Tour de Londres pour admirer les joyaux de la couronne britannique. Pourtant, la plupart d’entre eux ignorent la sinistre réputation de l’un des diamants les plus précieux de la Tour, le Koh-I-Noor (ou kohinoor). Ce diamant, à la pureté exceptionnelle, orne la couronne de la reine Elizabeth II et serait responsable de la mort de plus d’une vingtaine de personnes.

    LES DIAMANTS MAUDITS

    Le Koh-I-Noor provient de l’Inde, qui a longtemps été une terre riche en diamants. Ceux-ci étaient réputés dans le monde entier pour leurs qualités uniques. La légende commence au 12ème siècle, lorsqu’un homme tenta de dérober le diamant qui ornait le troisième œil du dieu Shiva dans un temple bouddhiste. Furieux qu’on tente de lui enlever son symbole de sagesse, ce dernier aurait alors foudroyé le voleur sur place et aurait lancé un sort à tous les hommes qui, à partir de ce jour, s’approprierait le Koh-I-Noor.

    Malédiction qui semble s’être mise en place dès  le premier propriétaire, le Shah de Perse, puisque ce dernier finira assassiné par ses propres capitaines. Les dix suivants ne démentiront pas la légende ; ils (et même certains membres de leur famille) décèderont dans d’abominables circonstances: assassinats, suicides, maladies, guillotine, etc.

    Le 3 juillet 1950, le diamant fut offert à la reine Victoria en l’honneur du 250ème anniversaire de la Compagnie anglaise des Indes orientales. La reine, qui croyait profondément à cette légende indienne, écrivit dans ses dernières volontés que le diamant devra être porté uniquement par les femmes des souverains. Édouard VII, George V, Édouard VIII et  George VI respectèrent à la lettre cette mise en garde.

    Aujourd’hui, le Koh-I-Noor est monté au centre de la couronne de la reine Elizabeth II, qui vient tout juste de fêter ses 67 ans de règne.

    La malédiction semble endormie… Se réveillera-t-elle lorsque le prince Charles montera sur le trône ?

     

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