• JEUNESSE DU COEUR

    "La jeunesse n'est pas une période de la vie,

    elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,

    une qualité de l'imagination,

    une intensité émotive,

    une victoire du courage sur la timidité,

    du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

    On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années :

    on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.

    Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l'âme.

    Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs

    sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre

    et devenir poussière avant la mort.

    Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.

    Il demande, comme l'enfant insatiable : Et après ?

    Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

    Vous êtes aussi jeune que votre foi.

    Aussi vieux que votre doute.

    Aussi jeune que votre confiance en vous-même.

    Aussi jeune que votre espoir.

    Aussi vieux que votre abattement.

    Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.

    Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.

    Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

    Si un jour, votre cœur est mordu par le pessimisme

    et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard."

    Mac Arthur

    JEUNESSE DU COEUR

     

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  • L'escalier de Santa Fé

    A la fin du XIX° siècle, à Santa Fé (Nouveau Mexique - Etats-Unis), un mystérieux charpentier réalise un escalier à la tenue inexplicable

    SANTA FE (NOUVEAU MEXIQUE) - L'ESCALIER MIRACULEUX

    Cet escalier, malgré la prudence des uns et l’hostilité des autres, est toujours debout : inexplicable, étonnant, magnifique. Il continue de susciter, selon les sensibilités, l’admiration ou le doute dont la controverse s’alimente.

    (Article de Sœur M. Florian, o.s.f paru dans le Magazine Saint Joseph, avril 1960)

    Des sœurs catholiques s'installent au Nouveau Mexique


    Voici plus d’une centaine d’années, en septembre 1852 pour être tout à fait exact, les Sœurs de Lorette vinrent dans le sud ouest des Etats-Unis, voyageant en fourgon bâché et en bateau à aubes. Leur voyage avait débuté au mois de mai précédent, dans le Kentucky, sur un vapeur baptisé le "Lady Franklin", qui leur fit remonter le Mississippi jusqu’à Saint Louis ; de Saint Louis à Indépendance (Missouri), elles prirent le "Kansas" : mais en trajet, un grand malheur fondit sur la petite communauté. La Supérieure, Mère Mathilde, fut terrassée par le choléra et mourut peu après leur arrivée à Indépendance. Deux autres des Sœurs contractèrent aussi la maladie, mais en guérirent.
    Après plusieurs autres mois de difficultés et de frayeurs, d’essieux et de roues cassés, de journées torrides et d’os blanchis entrevus, ce qui restait du groupe finit par arriver à Santa Fé, Nouveau Mexique.

    Les Sœurs Madeleine, Catherine, Hilaire et Roberte fondèrent la communauté. À la requête de Monseigneur Lamy, Sœur Madeleine fut désignée comme supérieure du groupe par la maison mère. C’était une femme résolue, fervente, et la situation à laquelle elle dut faire face avec ses Sœurs était une situation difficile.

    Ces sœurs de Lorette étaient de grandes dames, parfaitement pénétrées de l’amour de Dieu, et c’est uniquement cela qui leur permit d’affronter les épreuves de ces premières années. La contrée étant encore rude et mal installée, il n’y avait pas, à leur arrivée, de couvent confortable qui les attendait.

    À cette époque, la ville de Santa Fe était habitée principalement par des indiens et par des mexicains. Elles vécurent tout d’abord, dans une petite maison d’une seule pièce en briques brutes. Santa Fé est désormais une ville de bonne taille, bien qu’avec ses rues étroites et pittoresques, elle conserve vivante l’ancienne atmosphère du vieux Santa Fé.

    La construction de la chapelle

     

    Mais revenons en 1852 : il devint rapidement évident que si les sœurs voulaient répondre aux intentions de Monseigneur Lamy, qui souhaitait en les amenant à Santa Fe, qu’elles instruisent les gens, qu’elles auraient besoin d’un couvent et d’une chapelle.

    Les charpentiers mexicains commencèrent à travailler pour les Sœurs. L’école fut terminée, et on l’appela le Collège de Lorette, de Notre Dame de Lumière. Des plans en vue de la construction d’une magnifique chapelle furent ensuite élaborés. Selon les annales des Sœurs pour cette année-là, la chapelle fut commencée le 25 juillet 1873. C’est le même architecte qui avait dessiné la cathédrale de Santa Fé, M Mouly, qui en fit les plans. Monseigneur Lamy venait de France, et il avait voulu que les Sœurs aient une chapelle similaire à la Sainte Chapelle de Paris, qu’il affectionnait particulièrement.

    Cela signifie qu’elle devrait être strictement gothique, et de fait, elle sera la première structure gothique à l’ouest du Mississippi.

    Les constructeurs mexicains se remirent à travailler sur la nouvelle bâtisse. Elle serait grande ; plus grande en fait que la plupart les chapelles des missions de cette contrée. Elle devait faire 25 pieds de large (8 mètres environ) 75 pieds de long (23 mètres environ) et 85 pieds de haut (26 mètres environ). Sœur Madeleine note dans les annales que la construction de la chapelle était placée sous le patronage de Saint Joseph, "en l’honneur duquel nous recevions chaque mercredi la Sainte Communion afin qu’il nous prête assistance". Puis elle ajoute : "nous avons été témoins de la puissance de son aide en plusieurs occasions".

    L'erreur de l'architecte


    Les travaux de construction de la chapelle se réalisèrent non sans quelques difficultés financières, et de la part des Sœurs, avec un maximum de Foi. Ce n’est que lorsqu’elle fut presque terminée qu’elles se rendirent compte qu’une horrible erreur avait été faite. La chapelle en elle-même était magnifique : et la tribune pour la chorale ne l’était pas moins. Mais aucune liaison entre les deux n’avait été prévue !

    Il n’y avait pas de cage d’escalier, et l’exceptionnelle hauteur de la tribune ne laissait pas la place d’en positionner un ordinaire. Mère Madeleine fit appel à de nombreux charpentiers pour essayer de construire un escalier : mais les uns après les autres, ils prenaient les mesures, réfléchissaient, puis ils hochaient la tête en disant tristement : "c’est infaisable, ma Mère". Il semblait n’y avoir de choix qu’entre deux solutions : mettre une échelle pour atteindre le chœur, ce qui paraissait dans tous les cas peu pratique, ou raser tout l’édifice, pour le reconstruire différemment. La dernière solution eût été un crève-cœur.

    Le mystérieux charpentier


    Pourtant, quiconque connaît les Sœurs, quelles qu’elles soient, sait qu’elles ne se résoudront pas à des solutions aussi drastiques sans d’abord avoir dit quelque chose comme "attendons un peu, et faisons une neuvaine". Et parce qu’elles avaient une grande dévotion à Saint Joseph, les Sœurs de Lorette lui adressèrent une neuvaine, afin qu’il trouve une solution convenable à la question.
    Le dernier jour de la neuvaine, un homme aux cheveux gris se présenta au couvent, avec son âne et sa caisse à outils. Lorsqu’il vit Mère Madeleine, il lui demanda s’il pourrait aider les Sœurs à construire un escalier !

    La Mère donna volontiers son accord, et il se mit au travail. Selon la tradition orale, passée par les sœurs présentes à l’époque aux suivantes, les seuls outils en sa possession étaient un marteau, une scie et une équerre en té. Il mit entre six et huit mois pour terminer le travail.

    SANTA FE (NOUVEAU MEXIQUE) - L'ESCALIER MIRACULEUX

    Lorsque Mère Madeleine chercha à le payer, il avait disparu. Elle se rendit alors à la scierie locale pour payer au moins le bois utilisé. Là, personne ne savait quoi que ce soit à ce sujet. Il n’y a, à ce jour, aucune trace, aucun document établissant que ce travail n’ait jamais été payé.

    L'extraordinaire escalier

    L’escalier en colimaçon laissé par le vieil homme aux Sœurs est un chef d’œuvre, aussi magnifique qu’étonnant. Il fait deux tours complets (2 x 360°) sur lui-même. C'est un escalier colimaçon à noyau creux, il n’y a aucun pilier pour le soutenir, comme la plupart des escaliers circulaires en ont. Cela signifie qu’il est suspendu sans aucun support. Tout son poids repose sur sa première marche.

    Plusieurs architectes ont avancé qu’il aurait dû s’effondrer sur le sol au moment même où la moindre personne se serait aventurée sur la première marche : et il a cependant été utilisé quotidiennement pendant plus de cent ans. L’escalier a été assemblé exclusivement par des chevilles en bois : il n’y a pas un seul clou. La partie située sous les marches et entre le limon et la crémaillère ressemble maintenant à du bois léger : c’est en réalité du plâtre mélangé à du crin de cheval destiné à donner de la rigidité. Trop nombreux sont les visiteurs à avoir succombé à la tentation de rapporter chez eux un souvenir, et d’avoir pour cela arraché à l’escalier des morceaux de plâtre. En 1952, lorsque les sœurs ont fêté le centenaire de leur arrivée à Santa Fé, elles ont remplacé le plâtre, et l’ont peint de manière à lui donner l’aspect du bois vernis.

    À l’époque de sa construction, l’escalier n’avait pas de rampes. Elles furent ajoutées quatre ou cinq ans plus tard. L’une des jeunes filles qui se trouvaient alors dans ce collège, avait à l’époque environ treize ans. Elle devint plus tard Sœur Marie, dans cette congrégation des Sœurs de Lorette, et ne se fatiguait jamais de raconter comment elle et ses amies furent parmi les premières à grimper à cet escalier. Elle disait aussi qu’elles avaient tellement peur de monter à la tribune, qu’elles en redescendaient sur les mains et sur les genoux.
    L’actuelle Supérieure de la communauté Sœur Januarius, m’a dit que des visiteurs sont venus du monde entier voir cet escalier merveilleux. Parmi eux, de nombreux architectes qui, sans exception, lui ont dit qu’ils ne comprenaient pas comment l’escalier avait été construit, ni comment il demeurait en aussi bon état après quasiment un siècle d’utilisation.

    Expertises

    J’ai parlé de l’escalier avec Monsieur Urban C. Weidner, architecte de la région de Santa Fé, et expert en boiseries. Il m’a dit qu’il n’avait jamais vu un escalier circulaire sur 360° qui ne soit pas supporté par un pilier central. Les autres escaliers colimaçons à noyau creux ont des dimensions nettement plus réduites. L’une des choses les plus surprenantes à propos de cet escalier, c’est, selon Monsieur Weidner, la perfection des courbes des limons.

    Il m’a expliqué que le bois est raccordé (en menuiserie on dit "enté") sur les côtés des limons par neuf entures sur l’extérieur, et sept sur l’intérieur. La courbure de chaque pièce est parfaite. Comment cela a-t-il été réalisé dans les années 1870, par un homme travaillant seul, dans un endroit retiré, avec des outils des plus rudimentaires ? Cela n’a jamais été expliqué.
    De nombreux experts on tenté d’identifier le bois utilisé, et de deviner son origine. Personne n’a encore été capable de produire un rapport satisfaisant sur la question. Les marches ont constamment été piétinées depuis plus de cent ans. Elles ne présentent des signes d’usure que sur les bords.

    Monsieur Weidner identifie ce bois comme "une sorte de pin granuleux sur les bords". Il sait cependant avec certitude que ce bois au grain dur ne provenait pas du Nouveau Mexique. La nature exacte du bois utilisé, et l’endroit où le vieux charpentier se l’est procuré restent un mystère. Notre Mère la Sainte Eglise est toujours très circonspecte lorsqu’il s’agit de juger des choses surnaturelles. C’est pourquoi les Sœurs et les prêtres de la région de Santa Fé ont évité, dans le même esprit, de dire quelque chose de définitif à propos de l’escalier.

    Les Sœurs du Collège de Notre Dame de Lorette savent aujourd’hui, comme le disaient déjà Sœur Madeleine et sa communauté, que l’escalier était la réponse de Saint Joseph à leurs prières. Beaucoup se plaisent à penser que le charpentier était Saint Joseph lui-même. Pourtant les annales de la communauté comme les archives diocésaines sont silencieuses sur le sujet : les annales nous apprennent cependant que la chapelle Notre Dame de Lumière a été dédicacée le 25 avril 1878.
    Tous ceux qui visitent l’édifice pour voir ce magnifique escalier circulaire, sont stupéfaits de sa beauté et de son caractère merveilleux. Mais personne ne peut donner d’explication satisfaisante pour sa construction et pour sa conservation.

    SANTA FE (NOUVEAU MEXIQUE) - L'ESCALIER MIRACULEUX

    (source : histoires insolites)

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  • Une ode à l'amitié toute en délicatesse, dont je ne me lasse pas. Le très beau texte est admirablement mis en valeur par une agréable mélodie. J'adore !!!!

     


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  • LA PROVIDENCE A L'HOMME

    Quoi ! le fils du néant a maudit l'existence !
    Quoi ! tu peux m'accuser de mes propres bienfaits !
    Tu peux fermer tes yeux à la magnificence
    Des dons que je t'ai fait !

    Tu n'étais pas encor, créature insensée,
    Déjà de ton bonheur j'enfantais le dessein ;
    Déjà, comme son fruit, l'éternelle pensée
    Te portait dans son sein.

    Oui, ton être futur vivait dans ma mémoire ;
    Je préparais les temps selon ma volonté.
    Enfin ce jour parut ; Je dis : Nais pour ma gloire
    Et ta félicité !

    Tu naquis : ma tendresse, invisible et présente,
    Ne livra pas mon oeuvre aux chances du hasard ;
    J'échauffai de tes sens la sève languissante,
    Des feux de mon regard.

    D'un lait mystérieux je remplis la mamelle ;
    Tu t'enivras sans peine à ces sources d'amour,
    J'affermis les ressorts, j'arrondis la prunelle
    Où se peignit le jour.

    Ton âme, quelque temps par les sens éclipsée,
    Comme tes yeux au jour, s'ouvrit à la raison
    Tu pensas ; la parole acheva ta pensée,
    Et j'y gravai mon nom.

    En quel éclatant caractère
    Ce grand nom s'offrit à tes yeux !
    Tu vis ma bonté sur la terre,
    Tu lus ma grandeur dans les cieux !
    L'ordre était mon intelligence ;
    La nature, ma providence ;
    L'espace, mon immensité !
    Et, de mon être ombre altérée,
    Le temps te peignit ma durée,
    Et le destin, ma volonté !

    Tu m'adoras dans ma puissance,
    Tu me bénis dans ton bonheur,
    Et tu marchas en ma présence
    Dans la simplicité du coeur;
    Mais aujourd'hui que l'infortune
    A couvert d'une ombre importune
    Ces vives clartés du réveil,
    Ta voix m'interroge et me blâme,
    Le nuage couvre ton âme,
    Et tu ne crois plus au soleil.

    " Non, tu n'es plus qu'un grand problème
    Que le sort offre à la raison ;
    Si ce monde était ton emblème,
    Ce monde serait juste et bon. "
    Arrête, orgueilleuse pensée ;
    A la loi que je t'ai tracée
    Tu prétends comparer ma loi ?
    Connais leur différence auguste
    Tu n'as qu'un jour pour être juste,
    J'ai l'éternité devant moi !

    Quand les voiles de ma sagesse
    A tes yeux seront abattus,
    Ces maux, dont gémit ta faiblesse,
    Seront transformés en vertus,
    De ces obscurités cessantes
    Tu verras sortir triomphantes
    Ma justice et ta liberté;
    C'est la flamme qui purifie
    Le creuset divin où la vie
    Se change en immortalité !

    Mais ton coeur endurci doute et murmure encore ;
    Ce jour ne suffit pas à tes yeux révoltés,
    Et dans la nuit des sens tu voudrais voir éclore
    De l'éternelle aurore
    Les célestes clartés !

    Attends; ce demi-jour, mêlé d'une ombre obscure,
    Suffit pour te guider en ce terrestre lieu :
    Regarde qui je suis, et marche sans murmure,
    Comme fait la nature
    Sur la foi de son Dieu.

    La terre ne sait pas la loi qui la féconde ;
    L'océan, refoulé sous mon bras tout-puissant,
    Sait-il comment au gré du nocturne croissant
    De sa prison profonde
    La mer vomit son onde,
    Et des bords qu'elle inonde
    Recule en mugissant ?

    Ce soleil éclatant, ombre de ma lumière.
    Sait-il où le conduit le signe de ma main ?
    S'est - il tracé soi-même un glorieux chemin ?
    Au bout de sa carrière,
    Quand j'éteins sa lumière,
    Promet-il à la terre
    Le soleil de demain?

    Cependant tout subsiste et marche en assurance.
    Ma la voix chaque matin réveille l'univers !
    J'appelle le soleil du fond de ses déserts
    Franchissant la distance,
    Il monte en ma présence,
    Me répond, et s'élance
    Sur le trône des airs !

    Et toi, dont mon souffle est la vie ;
    Toi, sur qui mes yeux sont ouverts,
    Peux-tu craindre que je t'oublie,
    Homme, roi de cet univers ?
    Crois-tu que ma vertu sommeille ?
    Non, mon regard immense veille
    Sur tous les mondes à la fois !
    La mer qui fuit à ma parole,
    Ou la poussière qui s'envole,
    Suivent et comprennent mes lois.

    Marche au flambeau de l'espérance
    Jusque dans l'ombre du trépas,
    Assuré que ma providence
    Ne tend point de piège à tes pas.
    Chaque aurore la justifie,
    L'univers entier s'y confie,
    Et l'homme seul en a douté !
    Mais ma vengeance paternelle

    Confondra ce doute infidèle
    Dans l'abîme de ma bonté.

    Alphonse de Lamartine

    LA PROVIDENCE A L'HOMME

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  • Les lacs qui sont des îles à l'envers ont toujours frappé l'imagination. Mers intérieures que l'on pouvait cerner, souvent du regard, univers enclos dont la surface plate, étrangère aux pas de l'homme, devait receler bien des trésors, des villes englouties, des portes secrètes.

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    Il n'y a pas si longtemps que l'on a pu mesurer la profondeur de la plupart d'entre eux, et, au cours de notre histoire passionnelle, rien n'interdisait de croire qu'ils étaient sans fond !

    Emile Mâle dit que "les lacs eux mêmes, sous leur surface immobile, cachaient une divinité"

    Le lac Saint Andéol

    Grégoire de Tours nous en donne un bel exemple en nous relatant le curieux rituel ausquel se livraient les populations des Monts d'Aubrac, riverains du Lac Saint Andréol." les hommes s'y rendaient en charrette et festoyaient pendant trois jours autour du lac, lui amenant en signe d'offrande de la lingerie, des pièces de vêtements, du fil de laine, du fromage, des gâteaux... Le quatrième jour s'élevaient une grande tempête suivie de pluie. Un prêtre, Parthénius, après avoir vainement de convaincre les paysans à renoncer à ce cérémonial païen, éleva une église dans laquelle les hommes finirent par apporter les offrandes destinées au lac. Cependant, l'habitude de jeter dans l'eau du lac des objets usés et des gâteaux s'est conservée jusqu'au XIXème siècle; les pèlerins jetaient encore dans le lac, sans en comprendre le but, des chemises et des pantalons...

    Le lac de Bord, les rituels

    Est tenace encore ici une légende de ville engloutie et d'un trésor de monnaies qui y fut jadis dragué. à 2 kilomètres de là, le lac du Bord a conservé les traces d'un habitat antique, sous forme de nombreux tumuli. Il est probable que son voisin, le lac de St Andréol, fut lui aussi fréquenté par des hommes de la protohistoire. Peut être habitaient-ils cette mystérieuse montagne nommée Hélanie qui dominait le lac. En tout cas, les cérémonies pluviales , c'est à dire pour faire tomber la pluie ne devaient pas toujours être bienfaisante, puisqu'on parle de violents orages, de tempêtes, de chutes de pierres et de déluges d'eau.

    Le lac Pavin, un lac bénit

    La nature volcanique, en tout cas, est pour beaucoup dans la sacralisation des lacs de montagne. En Auvergne même, le lac Pavin en est un autre exemple. Presque parfaitement circulaire et assez profond pour n'avoir que des eaux particulièrement sombres, il est dominé par un volcan, le puy de Montchal. Des murailles basaltiques se reflètent dans des eaux si noires que, dit-on, les poissons ne peuvent pas y vivre. Or C'est un lac bénit. Si l'on jette une pierre dedans, elle déclenche un formidable ouragan qui entraîne et engloutit l'imprudent.

    La légende 

    En Auvergne, dans un paysage impressionnant dominé par un volcan, le Puy de Montchal. Des murailles de basalte tombent et se reflètent dans des eaux si noires que, dit-on, les poissons ne peuvent y vivre. Ce lac splendide fut toujours considéré comme un lac sacré, béni des dieux. Une antique légende dit qu'il ne faut pas jeter de pierre dedans sous peine de déclencher un ouragan et de se trouver englouti. A proximité, le Creux de Soucy, curieux puits naturel qui s'ouvre à quatre-vingts mètres au-dessus du lac, dans la coulée basaltique du volcan, se présente sous la forme d'un entonnoir large de vingt-cinq mètres, qui s'ouvre une douzaine de mètres plus bas sur un trou béant, véritable bouche de l'abîme, qui donne sur une vaste caverne en forme de coupole avec, au centre, un autre petit lac. Gare à celui qui s'y engage: une couche d'acide carbonique, épaisse de plusieurs mètres, plane au-dessus des eaux, interdisant toute vie. La réputation infernale de ce lieu était donc basée sur un danger réel qui terrorisait les populations primitives.

    Le creux de Soucy

    A proximité du lac Pavin, le creux de Soucy a certainement contribué par sa nature énigmatique à condenser ici des croyances et des frayeurs. C'est un curieux puits naturel qui s'ouvre à 80 mètres au dessus du lac Pavin, dans la coulée basaltique du volcan, et se présente sous la forme d'un entonnoir de 25 mètres de diamètre et profond d'une dizaine. Au bas de l'entonnoir, un trou béant est la véritable bouche de l'abîme qui mène à une vaste caverne circulaire en forme de coupole, d'environ 50 mètres de diamètre, et dont le centre est occupé par un petit lac stagnant qui paraît s'alimenter exclusivement par le suintement des voûtes. Une couche d'acide carbonique plane au dessus de l'eau sur une épaisseur pouvant atteindre plusieurs mètres et interdisant toute vie animale ou humaine.

    Quelques légendes...

    Nombreuses sont les légendes de trésors et de villes englouties dans de mystérieux lacs, dont les fonds s'ouvriraient sur d'autres mondes. Nombre d'entre eux semblaient cacher, sous leur surface où se mire le ciel, une divinité que les populations environnantes respectaient et à qui elles sacrifiaient, en leur faisant des offrandes de pièces de monnaie, mais aussi de lingerie, vêtements, aliments divers et parfois même bijoux et objets précieux. Citons parmi ces lacs les plus remarquables d'entre eux :

    Le lac d'Antre

    Dans le Jura est un autre lac sanctuaire, sur les bords duquel on a trouvé des ruines d'édifices romains considérables. Ce lac est mystérieusement alimenté par une rivière souterraine qui surgit avec impétuosité, et se jette dans le lac dont l'eau disparaît sur l' autre versant dans un gouffre ouvert au pied d'une falaise, pour reparaître cent mètres plus bas, après avoir parcouru une succession de siphons qu'elle met douze heures à franchir. Ce lieu était protégé par la déesse gauloise Bellona, puis par le dieu romain Mars. Dans les sanctuaires dont il ne reste rien sinon un pont, dit Pont des Arches, des inscriptions et fragments de calendriers ont prouvé que l'on y adorait les monts environnants, le lac et le soleil.

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    Dans les Hautes-Alpes

    plusieurs antiques lacs sacrés sont toujours bénis par un prêtre conduisant une procession à date fixe chaque année. Ces pèlerinages reprennent la suite d'anciens cultes à ces eaux que le temps n'atteint pas et qui sont, selon l'expression de Bachelard, comme des grands yeux tranquilles. Citons le grand et le petit lac de la Madeleine, ainsi que celui de Chabrières .

    Bien sûr on trouve à travers toute la France des lacs abritant des fées, des ondines, des dames blanches, mystérieux êtres magiques, dont Mélusine reste le plus beau symbole. Toutes ces nymphes au corps vaporeux aiment ces eaux calmes et leurs nappes de brouillard. Citons parmi tant d'autres le lac des Fées qui se trouve à proximité d'Henrichemont, dans le Cher. Et aussi l'étang de Illzach, dans le Haut-Rhin près de Mulhouse, hanté par une dame blanche qu'il ne fallait jamais suivre.

    Les mares aux diables citées par George Sand sont elles aussi nombreuses et considérées comme des portes de l'enfer. Ainsi les maraIs de l'Ellez en Bretagne, forment un impressionnant cirque noir qu'une chapelle de l' Archange tente d'exorciser . Ils sont dominés par le sommet le plus haut de la Bretagne, le Tertre de la Chaise

    Citons enfin un lac sacré disparu: celui de Toulouse, où un trésor aurait été précipité pour conjurer la peste , mal venu d'Orient comme cet or maudit. Sur son emplacement se trouve construite l'église de Saint-Sernin.
    (source : http://www.cles.com/enquetes/article/le-tour-de-france-en-35sites)

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    Les Lacs dans les Pyrénées

    Légende du lac bleu de Chiroulet (Hautes Pyrénées)

    Il y a très longtemps, à l'endroit où se trouve le lac Bleu, il y avait un village de riches bergers...
    Un soir, arrive un inconnu, un mendiant, qui va de porte en porte demander la charité. Mais les bergers, qui sont aussi riches qu'égoïstes, le chassent de leurs maisons, sauf un, pauvre, qui demeure dans une simple cabane à l'écart des autres habitations. Cet homme est tellement pauvre qu'il ne possède qu'une seule bête, mais il accepte de la sacrifier pour la partager avec son hôte. Le repas fini, ce dernier lui dit : « Ramasse les os et la dépouille de l'animal et place-les devant ta porte, puis allons nous coucher ». L'homme s'exécute et, le lendemain à son réveil, le mendiant a disparu mais il aperçoit un immense troupeau dans son enclos et, à la place du village, un immense lac. (d'après pyrenepeche)

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    (photo : randonnees-pyrenees)

    Légende de l'étang Rond (Couserans - Ariège)

    Une légende est apparentée à l'étang rond. Il s'agit du berger Mount Ner, qui gardait son troupeau sur les berges de l'étang, fut transformé, lui, ses chiens et ses moutons, en rochers, pour avoir refusé l'hospitalité à un homme perdu dans ces lieux.( d'après Freddy)

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    (photo : montcalm)

    Lac de Héas - une drôle d'histoire (Hautes Pyrénées)

    Vers 1610, suite à un orage particulièrement violent un éboulement forma un barrage dans la vallée de Héas, on dit que quelques heures après la catastrophe, un berceau renfermant un bébé fut retrouvé sur le lac qui s'était formé. Le nouveau né fut baptisé "Salvat" (sauvé en patois). En septembre 1788, suite à un autre violent orage la digue se creva sous le poids des eaux et le lac se vida d'un seul coup. 
    Toujours la même année un important tremblement de terre provoqua la chute d'énormes blocs de pierre au-dessus de Gèdre pour donner l'actuel chaos de Choumélis sur la route de Gavarnie Le séisme de 1610 provoqua en effet un éboulement de la montagne de Coumély, formant un chaos sur le chemin de Héas, parfois dénommé «chaos de Gèdre» (lieu dit la peyrade), et entraînant la formation d'un lac qui subsistera jusqu'à l'orage du 4 au 5 septembre 1788. Cette nuit-là, la pression des eaux fera exploser le bouchon artificiel et les dégâts seront considérables puisque des villages de la vallée de Luz seront totalement ou patiellement rayés de la carte. Le chaos dit de Coumély, sur la route de Gavarnie, aurait une origine beaucoup plus ancienne et remonterait à un séisme du Ve siècle qui aurait touché toute la chaîne des Pyrénées et aurait été ressenti dans tout le bassin occidental de la Méditerranée.

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    La légende du lac de Lourdes (Hautes Pyrénées)

    Ce lac eut, pendant très longtemps, une sinistre réputation. On disait même que, quand un malheureux s'y noyait, son âme restait prisonnière au fond du lac. Une légende raconte qu'autrefois, à l'emplacement du lac de Lourdes, s'élevait une cité dont les habitants étaient si méchants et pervertis que Dieu décida de la détruire et d'engloutir toute la population. Pourtant, il accepta de faire une exception pour une famille qui s'était montrée de tous temps pieuse et charitable. Le soir qui précéda la destruction de la ville, un envoyé de Dieu se présenta à l'homme et lui dit : «Cette cité sera détruite par le Seigneur. Prends avec toi ta femme et tes enfants et fuis loin d'ici ! Mais n'oublie pas une chose : quoi que vous entendiez, vous ne devrez vous retourner pour voir ce qu'il se passe.» 
    Les membres de la famille quittèrent donc la ville. Et à peine en avaient-ils franchi les limites qu'ils entendirent des bruits épouvantables derrière eux. L'homme pressait les siens, les obligeait à marcher plus vite et leur répétait qu'ils ne devaient, sous aucun prétexte, se tourner en arrière. Or, sa femme, portant dans ses bras son dernier-né, prise de curiosité et voulant absolument savoir ce qu'il se passait, se retourna et fut aussitôt changée en une statue de pierre. Depuis lors, certains soirs de novembre, des chasseurs et des pêcheurs attardés au bord du lac, affirmaient entendre le glas des cloches englouties sonnant l'anniversaire du châtiment.

    Il existe en bordure de la route de Poueyferré, à la limite des communes de Lourdes et Bartrès, un grand bloc de pierre (peut-être un ancien mégalithe) appelé la «Peira Crabèra, incliné dans la diection du lac dont la légende affirme qu'il s'agit de la femme qui avait été pétrifiée quand elle fuyait la ville.

    Cette légende n'est pas sans rappeler l'histoire de Sodome et Gomorrhe et de la femme de Loth qui, elle aussi, avait été changée en pierre. (d'après Pyrenepeche)

    LES LACS SACRÉS EN FRANCE

    (photo : Darreenvt

    la légende de l'étang de Bethmale

    "Il y a très longtemps vivait cachée au lac de Bethmale une méchante sorcière. Tous les jours, elle faisait des misères aux habitants du village. Un jour de colère, les bethmalais montèrent vers le col de la Core avec leurs fourches pour se débarrasser d'elle. Prise au piège, la bruche sauta dans le lac en jurant qu'elle ne disparaîtrait jamais. Depuis, sa robe bleu vert, restée au fond, donne au lac ses reflets si particuliers." (d'après Matmontagne)

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    La légende du lac d'Isaby

    A une époque très ancienne, le plus grand serpent qu’on n'ait jamais vu, hantait les pâturages d’Isaby, au-dessus de la petite ville de Pierrefitte, dans la vallée du gave de Pau. Des troupeaux innombrables paissaient sur ces pentes sous la conduite des bergers de la vallée et de leurs grands chiens blancs.

    Quand le dragon se réveillait, il ouvrait sa vaste gueule, et un souffle magique traversant le vallon emportait troupeaux, chiens et bergers dans les entrailles du monstre.

    Or il y avait dans le village d’Arbouix un homme doté de beaucoup de courage et de non moins d’adresse. Il résolut de délivrer son pays, et dans ce but il établit une forge dans le lieu le plus secret du vallon d’Isaby. Il mit au feu une lourde enclume de fer ; lorsqu’elle fut rouge, il la porta à l’entrée du repère du monstre, avec l’aide de quelques compagnons dévoués, et tous s’enfuirent.

    Lorsque le serpent vit le fer rouge, il l’aspira comme il aurait fait d’un mouton, d’un seul trait. Le feu se mit à ses entrailles et, dévorée de soif, la bête se mit à boire, à boire jusqu’à en crever.

    Alors, l’eau qu’elle avait avalée se répandit dans le fond du vallon : c’est ainsi que naquit le lac d’Isaby, aux eaux bleues et poissonneuses.
    (D’après Bernard Duhourcau : guide des Pyrénées mystérieuses)

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    Les étangs de Nohèdes

    Les étangs de Nohèdes étaient un lieu redouté des paysans de ces montagnes, qui se gardaient bien d'y jeter des pierres, persuadés que l'orage en sortirait. C'est surtout vrai pour l'Etang Noir, si profond qu'il abriterait un palais de démons : dès qu'une pierre est lancée, ils sortent, sautent, et l'on entend de grands éclats du tonnerre. Il paraît même que les grandes truites qu'on y pêchait étaient elles aussi des démons : mises à la poêle, elles s'échappaient par la cheminée !

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    (photo : balades-lison)

    Etang du Diable / Males

    Très curieuse légende à propos de l'Etang du Diable (anciennement Etang du Males). Si l'on y jette un caillou, une demi-heure après, le lac se met à bouillonner, avec forces éruptions "sulphureuses", puis des orages, des éclairs se déclenchent avec fureur. (d'après JFB)  

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